mercredi 26 avril 2017

Expo Léo Lelée, Musée Chabaud, Graveson (13)


De traits et de formes...


 Après son départ de la Mayenne natale et son séjour parisien qui lui ouvrira le monde de l'art décoratif, Léo Lelée passe un séjour dans le Nord qui ne lui convient guère. A la suite d'un conseil d'ami, il part pour la Provence et Arles en particulier...un choc qui le fera s'établir dans une région qui lui évoque la Grèce antique.

Aux détours des rues et des villages, il croque le costume arlésien qui pourtant disparaît en ce début de XX° siècle. En quelques années, sa boutique près des arènes attire curieux et artistes et sa notoriété croit au point de devenir l'homme qui va établir les codes vestimentaires du costume d'Arles et les fixer une fois pour toute, participant au renouveau provençal impulsé par Mistral et autres félibriges.



Le succès de Lelée peut s'expliquer par son utilisation d'influences diverses : formé au moment de l'Art Nouveau avec son travail sur l'affiche (ce dernier en créera de nombreuses pour les PLM), il se lasse aussi influencer par le Néo-classicisme avec son trait clair et simple.


Une autre influence forte de l'époque est le Japonisme : les Arlésiennes aux amandiers ne peuvent manquer d'évoquer les geishas sous les cerisiers en fleurs des estampes du Soleil Levant...et ce parallèle est aussi une réminiscence de l'influence de Van Gogh qui pensait avoir trouvé son Japon artistique sur les mêmes terres quelques années auparavant.



Un autre aspect moins connu peut-être est l'intérêt que Lelée portera à l'univers gitan durant toute sa vie en Camargue : les portraits de gitanes, les scènes de groupe et notamment celles évoquant les Saintes et ses pèlerinages sont des sujets qui permettront à son trait de fouiller l'expression des figures ou la composition des camps aux roulottes et linges exubérants.


Une jolie rétrospective d'un artiste qui participa à la légende provençale...
Jusqu'au 5 juin 2017 : http://www.museechabaud.com/expositions-musee-auguste-chabaud.php








samedi 15 avril 2017

Fête des plantes, arboretum de Balaine, Villeneuve sur Allier (03)



Fleurs en festival...


Pour sa 27ème édition, la fête des plantes accueille le public alors que les magnolias, les lilas et autres arbres et arbustes se sont épanouis grâce au temps estival de ces derniers jours. En plus d'une promenade  dans un arboretum plusieurs fois centenaire, de nombreux  professionnels proposent des plantes diverses et variées.


Aux rosiers, pivoines et autres plantes classiques des jardins de la région, les vivaces et acers apportent des notes colorées et originales. Il s'agit aussi de découvrir ou redécouvrir des espèces qui ont fait la beauté des jardins d'ici comme celles qui, peu gourmandes en eau, répondent aux changements climatiques que l'on peut connaitre depuis plusieurs années.



Le festival coloré et sensoriel que le parc vous propose ne cesse de donner des idées pour son propre jardin ou bien même pour ses simples rebords de fenêtres. Un bon moment à passer entre les allées et les taxons variés...



Une fête des plantes durant tout ce week-end pascal :
http://www.arboretum-balaine.com/

dimanche 26 mars 2017

Expo Camille Soccorsi, Musée d'art et d'histoire, Tarascon (13)


A fleur de Provence...



Ce mois de mars a été l'occasion d'un hommage à l'artiste Camille Soccorsi qui réinventa l'image de la célèbre tarasque dans les années 60. D'origine italienne, ardéchois de naissance, l'artiste embarque vite sur un bateau et découvre le monde. 

Entre temps, c'est la guerre, l'internement dans un camp et la destruction de la maison familiale qui vont marquer ses jeunes années.De là, peut-être, un travail qui mêle réalisme et onirisme tant dans les sculptures que dans les dessins et toiles.


Un trait sûr et marqué dévoile des personnages familiers ou légendaires qui vont constituer un univers fait de contrastes et où le païen semble s'harmoniser avec une veine plus religieuse. En témoigne sa fameuse tarasque qui tient autant du monstre de la Légende Dorée que de la chimère antique.



Il se fait aussi le chantre de l'univers du taureau si important dans ce territoire qui ouvre les plaines de la Camargue. De nombreux dessins préparatoires présentent les nombreuses statues que l'on peut retrouver dans les environs de Tarascon en l'honneur des piquiers ou des animaux de l'arène.


Son attachement à la ville ainsi qu'à son folklore est symbolisé par les projets et réalisations autour du fameux Tartarin que Daudet mis en scène dans plusieurs romans et qui donnèrent à la ville une célébrité jusqu'alors inconnue.


Un bel hommage à un artiste protéiforme qui sut renouveler les images et légendes de ce bout de Provence...

mardi 28 février 2017

Expo Rei Naito, MCJP, Paris (75)


Dialogue des morts...
Invité à quitter ses chaussures, foulant la moquette grise, le visiteur entre dans un espace perché au-dessus de la Seine, entre recueillement et silence. « Emotions de croire » ouvre un domaine à la vie et aux morts.

Née à Hiroshima, Rei Naito a longtemps répugné à parler de la bombe atomique et du drame qui toucha sa ville natale. Puis advint la catastrophe de Fukushima et quelque chose s’est réveillé dans l’esprit de la créatrice. Les installations qu’elle élabore alors là-bas et dans d’autres villes du Japon appellent une réflexion sur la vie et la mort qui se croisent et s’auto-engendrent même, et peut-être encore plus dans des lieux où la destruction semble vouloir prendre le dessus.


A la MCJP, autour de verres, de récipients irradiés, creusés et travaillés par le souffle de la mort, des statuettes en bois, une fleur dans de l’eau. La beauté troublante des formes des verres, la présence à la fois proche et spectrale des silhouettes de bois fascinent. Ce monde silencieux autour duquel les rues parisiennes s’agitent n’en ressort que plus fort et émouvant.


Sorte de petit temple aux kodamas, l’installation fait dialoguer les vivants avec la présence des morts. Une exposition où poésie et vie se croisent jusqu’au 18 mars 2017 à la MCJP de Paris :

jeudi 23 février 2017

Opération Masse critique, Dans la peau de Maria Callas, A. Duault


Mémoires divines...

 
Avenue Mandel, Paris; les premiers jours de Septembre s'égrainent au rythme des souvenirs, des disques réécoutés et des tasses de thé fumantes qui ouvrent la nuit de la diva Callas. Nous sommes en 1977 et il lui reste moins du mois à vivre. C'est cette forme de réminiscence, de confidence à soi-même qu'A. Duault a choisi pour évoquer la vie de celle qui demeure l'image de la chanteuse lyrique du monde contemporain, près de 40 ans après sa mort.


Du new York des immigrés à la Grèce parentale puis à l'Italie , la France et très vite le monde, le personnage de Callas évoque un parcours ponctué par les grands rôles, les rencontres d'artistes et les lieux mythiques de l'opéra.
 
 
 
Bien sûr, il y a aussi les aspects plus personnels : la transformation de la chanteuse en icône avec toutes les métamorphoses nécessaires ainsi que les liens avec la mère peu aimante ou les diverses passions qui animeront la vie déjà rythmée de la chanteuse.
 
Toutefois, n'attendez pas des détails salissants ou croustillants : Alain Duault aime Callas et veut faire partager cet amour. Ni hagiographie ni brûlot, cette biographie romancée permet la (re)découverte d'un personnage important de la scène internationale, avec des mots simples qui laissent transparaitre toute l'admiration de l'auteur pour Callas et qui sait nous la transmettre.
 
 
Un agréable moment de lecture et de culture que je dois à Babelio et aux éditions Le passeur...

mardi 21 février 2017

Expo Kimangekoi, Médiathèque Larbaud, Vichy (03)


Promenons-nous dans les plats...


Les contes demeurent des espaces d'imaginaire et d'interrogation sur soi et le monde. Si les entrées dans ce monde du conte sont nombreuses, la part de la nourriture est assez mince. C'est pourtant par ce biais que S. Lespagnol Bouillart questionne les récits de la tradition occidentale.

Manger, dévorer ou se faire plaisir sont des actions primordiales du conte : de l'ogre à la sorcière en passnant par Boucle d'Or ou Alice, l'attrait gustatif s'impose au récit et aux personnages : qu'importe les dangers ou les interdits, les voies de la bouche ou de la gueule sont impérieuses.


Dans des mises en scène oniriques ou amusantes, les chemins du palais évoquent les grands personnages des récits traditionnels. L'invitation au goûter ou à la dévoration embarque le public à une petite rétrospective de personnages incontournables : une belle table dressée, un mannequin bien habillé dessinent des silhouettes connues de nos mémoires enfantines qui font sourire ou frémir. 



Jusqu'au 25 février :
https://www.ville-vichy.fr/agenda/exposition-kimangekoi

dimanche 12 février 2017

Expo Déshabillez-moi, CNCS, Moulins (03)


Au fil des costumes...



Petit détour par le monde de la chanson et de la culture Pop. Au CNCS cette saison, souffle un air de paillettes et de strass au son des guitares et des tubes du XX° siècle. A partir de l'univers du Music-Hall, l'artiste, ici le chanteur, utilise le marqueur comme un marqueur de reconnaissance.
Mistinguette, Joséphine Baker ou Maurice Chevalier deviennent des icônes vivantes, phénomène qui sera relayé par le monde de la chanson populaire puis du star système des années 60.



Un artiste se reconnait à sa silhouette et à ses accessoires : ceinture de bananes pour Joséphine, canotier de Chevalier ou maillot marin d'Etienne Daho, le chanteur doit s'incarner dans un objet, qui devient un signe synecdochique de l'artiste.

Au fil des décennies, les mondes de l'art et de la mode vont se rapprocher de l'univers des planches musicales. Le chanteur devient mannequin ou inspire des spectacles plus classiques comme l'opéra. Ce costume de scène, à la fois louange et caricature, permet un mélange des genres qui permettra la rencontre plutôt heureuse des cultures populaire et savante.


La seconde partie de l'exposition interroge les grandes tendances du costume de scène après la Seconde Guerre : du Noir de Barbara à l'Or et au brillant de Sylvie Vartan ou Johnny, le vêtement de scène utilise tous les moyens visuels afin d'accrocher l’œil du public.

Le jeu du corps qui doit s'imposer sur l'espace scénique se dessine à travers les couleurs ou l'apparition d'une certaine nudité : des fesses de Polnareff aux costumes de Mademoiselle K.


Jouer avec son univers et sa représentation deviendra un enjeu que certains artistes ont su maîtriser avec brio. En témoigne M et son personnage qui démultiplie les enjeux des codes de représentations et qui a fait de sa mise en scène un véritable enjeu qui accompagne la création musicale. 


Jusqu'au 5 mars 2017, des costumes à foison :
http://www.cncs.fr/d%C3%A9shabillez-moi-les-costumes-de-la-pop-et-de-la-chanson