mardi 21 février 2017

Expo Kimangekoi, Médiathèque Larbaud, Vichy (03)


Promenons-nous dans les plats...


Les contes demeurent des espaces d'imaginaire et d'interrogation sur soi et le monde. Si les entrées dans ce monde du conte sont nombreuses, la part de la nourriture est assez mince. C'est pourtant par ce biais que S. Lespagnol Bouillart questionne les récits de la tradition occidentale.

Manger, dévorer ou se faire plaisir sont des actions primordiales du conte : de l'ogre à la sorcière en passnant par Boucle d'Or ou Alice, l'attrait gustatif s'impose au récit et aux personnages : qu'importe les dangers ou les interdits, les voies de la bouche ou de la gueule sont impérieuses.


Dans des mises en scène oniriques ou amusantes, les chemins du palais évoquent les grands personnages des récits traditionnels. L'invitation au goûter ou à la dévoration embarque le public à une petite rétrospective de personnages incontournables : une belle table dressée, un mannequin bien habillé dessinent des silhouettes connues de nos mémoires enfantines qui font sourire ou frémir. 



Jusqu'au 25 février :
https://www.ville-vichy.fr/agenda/exposition-kimangekoi

dimanche 12 février 2017

Expo Déshabillez-moi, CNCS, Moulins (03)


Au fil des costumes...



Petit détour par le monde de la chanson et de la culture Pop. Au CNCS cette saison, souffle un air de paillettes et de strass au son des guitares et des tubes du XX° siècle. A partir de l'univers du Music-Hall, l'artiste, ici le chanteur, utilise le marqueur comme un marqueur de reconnaissance.
Mistinguette, Joséphine Baker ou Maurice Chevalier deviennent des icônes vivantes, phénomène qui sera relayé par le monde de la chanson populaire puis du star système des années 60.



Un artiste se reconnait à sa silhouette et à ses accessoires : ceinture de bananes pour Joséphine, canotier de Chevalier ou maillot marin d'Etienne Daho, le chanteur doit s'incarner dans un objet, qui devient un signe synecdochique de l'artiste.

Au fil des décennies, les mondes de l'art et de la mode vont se rapprocher de l'univers des planches musicales. Le chanteur devient mannequin ou inspire des spectacles plus classiques comme l'opéra. Ce costume de scène, à la fois louange et caricature, permet un mélange des genres qui permettra la rencontre plutôt heureuse des cultures populaire et savante.


La seconde partie de l'exposition interroge les grandes tendances du costume de scène après la Seconde Guerre : du Noir de Barbara à l'Or et au brillant de Sylvie Vartan ou Johnny, le vêtement de scène utilise tous les moyens visuels afin d'accrocher l’œil du public.

Le jeu du corps qui doit s'imposer sur l'espace scénique se dessine à travers les couleurs ou l'apparition d'une certaine nudité : des fesses de Polnareff aux costumes de Mademoiselle K.


Jouer avec son univers et sa représentation deviendra un enjeu que certains artistes ont su maîtriser avec brio. En témoigne M et son personnage qui démultiplie les enjeux des codes de représentations et qui a fait de sa mise en scène un véritable enjeu qui accompagne la création musicale. 


Jusqu'au 5 mars 2017, des costumes à foison :
http://www.cncs.fr/d%C3%A9shabillez-moi-les-costumes-de-la-pop-et-de-la-chanson

mardi 7 février 2017

Expo Plossu, les feux du bivouac, Hôtel Fontfreyde, Clermont-Ferrand (63)


Images de l'instant...



Débutant son travail photographique avec une série réalisée au Mexique vers le début des années 60, Plossu va privilégier une prise directe qui se rapproche d'une utilisation quotidienne, telle qu'un amateur pourrait le faire : cadrages décentrés, jeu sur les flous et les mouvements. De lui-même, il avoue une volonté de privilégier les appareils bon marché ainsi que l'objectif 50 mm, proche de l’œil humain. Bien sûr, il s'agit de se délester du poids de la technique froide afin de retrouver le réel et ce qu'il peut contenir d'étonnant et de poétique.


Portraits de rue ou de vie familiale, instants d'humanité qui n'ont pas conscience d'être se trouvent inscrits sur la pellicule en noir et blanc, moins souvent en couleurs dans cette exposition. La vie à fleur d’œil semble sortir de ces clichés avec ce qu'elle comporte de dérisoire et parfois d'envoûtant ou de mystérieux.

Pour les horizons du Grand Ouest ou des montagnes du Massif Central, le procédé Fresson fait entrer la couleur dans des paysages ou des scènes qui mêlent les trames du temps : ce système quadrichromique permet un rendu qui filtre une image semblant sortir tout droit de vieux magazines ou de publicités surannées.

 Un jeu avec le temps et ses codes colorés de représentation qui appelle la rétine et l'esprit du spectateur à prendre conscience d'une image presque atemporelle des choses, débarrassées de leurs aspects trop marqués vis-à-vis d'une décennie tels ces volcans et campagnes auvergnates qu'on dirait sortis de tableaux réalistes ou de magazines touristiques poussiéreux. Une lumière onirique et exagérément fausse fait alors ressortir le quotidien et le banal avec son épaisseur et son mystère.



Jusqu'au 11 février 2017 :
http://www.clermont-ferrand.fr/Bernard-Plossu.html

dimanche 29 janvier 2017

Expo Pixel Art, CCLV, Vichy (03)


Des petits cubes...


Cet hiver bien gris et froid se voit illuminer par des cubes lego qui font revivre quelques héros de contes et des personnages de dessins animés populaires. A partir de 9 couleurs, des scènes vivantes et éclatantes habillent les murs du centre Larbaud.


Travail préparatoire de fourmi, une dose de calculs et un bon compas dans l’œil sont nécessaires à la création de ces tableaux ludiques. Il faut aussi compter avec la patience : pas moins de trois heures pour croiser ces cubes sur une planche de 48x48.


Les scènes amusantes, volontiers saturées et pleines d'humour sont un petit festival de dynamisme et de gaieté bienvenu que petits et grands apprécient depuis décembre. Mélange de création mathématique et de pop culture, cette exposition Pixel Art donne envie de donner vie à ses propres univers et de faire revivre certains de nos héros préférés.
 

Des cubes et des idées jusqu'au 5 février 2017 :
https://www.ville-vichy.fr/agenda/exposition-lego-pixel-art

dimanche 22 janvier 2017

Expo Vivian Maier, chroniques américaines, Centre Campredon, Isle/Sorgue (84)


Chroniques de rue...



Le petit phénomène photographique s'invite depuis quelques mois au centre d'art Campredon : Vivian Maier et son Rolleiflex ont posé leurs valises sur les cimaises de la maison de René Char. Bien sûr, on pourra évoquer les querelles que ce météore de la photo suscite : photographe qui n'a rien développé, personnalité exhumée d'une vente aux enchères par un John Maloof aux ambitions ambigües, manque de textes critiques et de recul par rapport à la découverte du corpus... Les critiques vont bon train mais on peut comprendre les réticences dans un milieu de l'Art où intérêts financiers et esthétiques ne vont pas toujours dans le même sens. Mais laissons là les querelles de clocher...



 Car en parcourant les murs et les clichés présentés, il est indéniable que l'artiste - oui, Vivian est bien de ceux-là- possède un véritable regard et recherche à présenter cette rue américaine des années 1950 à 1980. En noir et blanc comme en couleurs, la photo joue avec les cadres, les gestes, les regards - entre amusement, compassion et sarcasme- qui présentent cette société américaine des Trente Glorieuses.
Loin d'un chant au succès, c'est plutôt une captation du quotidien et de son étrangeté, de sa démesure ou de sa banalité qui caractérise l'élan créateur de Maier. C'est d'ailleurs à ce moment que manquent des textes, des réflexions de la photographe : un corpus d'images, certes homogènes, mais qui restent en partie opaques du fait du mutisme de l'auteur. C'est aussi cet état de fait qui rend certaines photos plus mystérieuses qu'elles ne le sont peut-être en réalité.


A regarder ces nombreux clichés où elle se prend en train de photographier, il y a bien chez Vivian Maier, un travail conscient, une recherche qui l'éloigne d'un simple amateurisme. Moins objets de narcissisme que réflexion sur l'acte photographique, ces mises en abyme jouent à la fois sur l'incarnation et le mystère, phénomène qui renforce le story-telling qui a fait le succès fulgurant de l'artiste.


Une exposition à voir jusqu'au 19 février 2017 :
http://www.campredoncentredart.com/

dimanche 8 janvier 2017

Expo Khaemouaset, le prince archéologue, Musée de l'Arles antique, Arles (13)


Sous le sable du temps...



Quatrième fils de Ramsès II, le prince Khaemouaset fut grand prêtre de Ptah, le dieu scribe. S'il ne joua pas de rôle militaire important, c'est son érudition et son rapport à la culture qui en fit un personnage notable. A travers cette figure, ce sont aussi les liens entre savoirs et civilisation égyptienne qui sont interrogés. 


Par sa fonction sacerdotale, le prince va intensifier le culte du taureau Apis, représentant terrestre de Thot avec un embellissement du Serapeum, le lieu consacré à cette divinité. Il va revivifier certaines traditions et rechercher certains monuments afin de rétablir certains liens entre le règne de son père et des traditions déja perdues. Ainsi, Khaemouaset fut reconnu comme le premier archéologue de l'histoire. Toutefois, ses visées étaient plus politiques qu'historiques et les découvertes se faisaient dans la célébration du pouvoir paternel. 


De la littérature (dont peu d'exemples restent) aux sciences et techniques, c'est tout un monde du savoir qui joue un réel rôle sociétal et politique. Le scribe demeure une figure majeure des temples et de la cour dans une course aux trouvailles qui n'a de cesse de trouver les traces des dieux.

Prince des scribes, Khaemouaset et l'emplacement exact de son tombeau demeurent une énigme même si une partie de son mobilier funéraire fut retrouvé. Assez oublié, sa mémoire se perpétua à travers une attribution d'un chapitre du livre des morts ainsi que plusieurs contes où le prince devient un scribe à la recherche du livre de Thot...C'est d'ailleurs par l'exposition de planches de BD d'Isabelle Dethan sur ce sujet que finit l'exposition : lorsque le mythe n'en finit pas de nourrir l'imaginaire...


A voir jusqu'au 22 janvier 2017 :
 http://www.arles-antique.cg13.fr/khaemouaset/presentation.html


jeudi 5 janvier 2017

Expo Wilde, l'impertinent absolu, Musée du petit Palais, Paris (75)



Icône crépusculaire...




Oscar Wilde...un nom qui fascine, un artiste et presque un personnage imaginaire d'une Europe des Arts et des mondanités. L'Irlandais qui permit à la langue de Shakespeare de se plier à des aphorismes ingénieux demeure un artiste paradoxal.

L'écrivain laisse en effet souvent la place à cette figure de dandy, martyr de la morale. A relire ses œuvres, pas si nombreuses, on s'aperçoit aussi que la force et le génie créateur ont souvent tendance à s'effacer devant les bons mots et un art du langage qui plait plus qu'il ne frappe.



L'exposition de Petit palais en est l'écho : plus que l'écrivain, c'est surtout l'icône que l'on retient; Wilde en habits fastueux ou provocants dans les salons, les théâtres...bref, un travestissement de soi pour se protéger ou se fuir.

Car le narcisse irlandais ne cesse de s'effacer tant dans ses outrances que dans ses moments d'humilité. Miroir d'une époque où Préraphaélites et Décadents se succèdent, Wilde se fait la chambre d'écho des sombres instincts d'une Europe qui voile ses vices. Il faudra compter sur sa Salomé, toute de Beardsley parée, pour mettre en lumière un goût de mort et de sexe qui hante les arts de cette époque.



Et bien sûr, il y a les amours masculines et le fameux procès qui provoquera sa ruine sociale: au sortir de la prison de Reading, une fuite à Paris trouvera un Wilde méconnaissable et miséreux, bref une nouvelle version du Portrait de Dorian Gray qui a pris pied dans le réel de son concepteur.



Splendeur et décadence d'une icône jusqu'au 15 janvier 2017 :