dimanche 8 janvier 2017

Expo Khaemouaset, le prince archéologue, Musée de l'Arles antique, Arles (13)


Sous le sable du temps...



Quatrième fils de Ramsès II, le prince Khaemouaset fut grand prêtre de Ptah, le dieu scribe. S'il ne joua pas de rôle militaire important, c'est son érudition et son rapport à la culture qui en fit un personnage notable. A travers cette figure, ce sont aussi les liens entre savoirs et civilisation égyptienne qui sont interrogés. 


Par sa fonction sacerdotale, le prince va intensifier le culte du taureau Apis, représentant terrestre de Thot avec un embellissement du Serapeum, le lieu consacré à cette divinité. Il va revivifier certaines traditions et rechercher certains monuments afin de rétablir certains liens entre le règne de son père et des traditions déja perdues. Ainsi, Khaemouaset fut reconnu comme le premier archéologue de l'histoire. Toutefois, ses visées étaient plus politiques qu'historiques et les découvertes se faisaient dans la célébration du pouvoir paternel. 


De la littérature (dont peu d'exemples restent) aux sciences et techniques, c'est tout un monde du savoir qui joue un réel rôle sociétal et politique. Le scribe demeure une figure majeure des temples et de la cour dans une course aux trouvailles qui n'a de cesse de trouver les traces des dieux.

Prince des scribes, Khaemouaset et l'emplacement exact de son tombeau demeurent une énigme même si une partie de son mobilier funéraire fut retrouvé. Assez oublié, sa mémoire se perpétua à travers une attribution d'un chapitre du livre des morts ainsi que plusieurs contes où le prince devient un scribe à la recherche du livre de Thot...C'est d'ailleurs par l'exposition de planches de BD d'Isabelle Dethan sur ce sujet que finit l'exposition : lorsque le mythe n'en finit pas de nourrir l'imaginaire...


A voir jusqu'au 22 janvier 2017 :
 http://www.arles-antique.cg13.fr/khaemouaset/presentation.html


jeudi 5 janvier 2017

Expo Wilde, l'impertinent absolu, Musée du petit Palais, Paris (75)



Icône crépusculaire...




Oscar Wilde...un nom qui fascine, un artiste et presque un personnage imaginaire d'une Europe des Arts et des mondanités. L'Irlandais qui permit à la langue de Shakespeare de se plier à des aphorismes ingénieux demeure un artiste paradoxal.

L'écrivain laisse en effet souvent la place à cette figure de dandy, martyr de la morale. A relire ses œuvres, pas si nombreuses, on s'aperçoit aussi que la force et le génie créateur ont souvent tendance à s'effacer devant les bons mots et un art du langage qui plait plus qu'il ne frappe.



L'exposition de Petit palais en est l'écho : plus que l'écrivain, c'est surtout l'icône que l'on retient; Wilde en habits fastueux ou provocants dans les salons, les théâtres...bref, un travestissement de soi pour se protéger ou se fuir.

Car le narcisse irlandais ne cesse de s'effacer tant dans ses outrances que dans ses moments d'humilité. Miroir d'une époque où Préraphaélites et Décadents se succèdent, Wilde se fait la chambre d'écho des sombres instincts d'une Europe qui voile ses vices. Il faudra compter sur sa Salomé, toute de Beardsley parée, pour mettre en lumière un goût de mort et de sexe qui hante les arts de cette époque.



Et bien sûr, il y a les amours masculines et le fameux procès qui provoquera sa ruine sociale: au sortir de la prison de Reading, une fuite à Paris trouvera un Wilde méconnaissable et miséreux, bref une nouvelle version du Portrait de Dorian Gray qui a pris pied dans le réel de son concepteur.



Splendeur et décadence d'une icône jusqu'au 15 janvier 2017 :


samedi 24 décembre 2016

Expo L'oeil de Baudelaire, Musée de la vie romantique, Paris (75)






Toujours des critiques...





Baudelaire et son œil...un petit rappel de l'importance de l'Art et des œuvres de ses contemporains pour celui que l'on retient comme le poète des Fleurs du Mal. En effet, de par son volume, c'est la critique d'art qui est le pan le plus important de la production de Baudelaire.



S'inscrivant dans une tradition dont Diderot fut l'un des fondateurs, l'écrivain multiplie les articles lors des Salons. C'est là qu'il fait la connaissance des œuvres et des hommes. Baudelaire, en homme cultivé et avisé, est un arbitre du Goût, assez loin souvent des modes de son époque : d'où des remarques parfois cinglantes qui se fondent sur une ironie ou un goût du paradoxe qui égratignent les peintres qui ont pignon sur rue.

S'in encensera certains ainés comme Ingres ou Delacroix, il passera à côté du jeune Manet...le trouvant bien geignard face aux attaques à propos de son Olympia.



Plus surprenante est l'élection de Constantin Guys, un dessinateur secondaire comme chantre de la modernité. Trouvant que seuls les caricaturistes de son temps ont compris son époque, avec leur œil moqueur, il loue l'artiste des grisettes et autres beautés légères pour le rendu des siècle...bien peu attrayant pour le dandy parisien.



A travers enfin les différentes photographies, c'est cet attachement à l'image, à l'imago, représentation de l'au-delà ou de l'en-deçà, qui se dévoile. A la manière de sa fascination/répulsion pour le Paris d'Hausmann, la photographie, qu'il utilisera tant, est source de défiance. Baudelaire demeure ce chercheur de nouveauté et de beauté au milieu d'un monde qu'il juge bien laid et décevant mais qui peut parfois crucifier l'âme par sa fulgurance sur l'imagination.



Une galerie pour un œil avisé jusqu'au 27 janvier 2017 :


http://www.vie-romantique.paris.fr/fr/les-actualites/exposition-loeil-de-baudelaire

samedi 17 décembre 2016

Expo Ukiyo-e, musée du Cinquantenaire, Bruxelles (Belgique)



Images flottantes...


Après la France ou la Suisse, c’est au tour de la Belgique de fêter les 150 de relations avec le Japon lors de son ouverture au monde.
Pour ce faire, plusieurs événements dont l’exposition Ukiyo-e au musée du Cinquantenaire. Riche d’une des plus belles collections européennes d’estampes, l’établissement propose jusqu’au 12 février 2017 plus de 400 estampes des plus grands maitres. C’est un voyage à travers le monde des maisons de thé, du théâtre kabuki ou encore des paysages nippons que permet cette exposition.



L’ukiyo-e, ou monde flottant, est un terme utilisé pour désigner la société d’Edo, le monde commerçant et dynamique de la capitale du shogun. Assoiffée de spectacles et de divertissements, elle s’arrache les estampes, ces images qui magnifient les êtres et la nature dans la plénitude de leur beauté ou de leur drôlerie : Hokusai, Kuniyoshi, Kunisada ou Yoshitoshi créent des scènes où la vie et l’imaginaire se mêlent en un instant fugace et splendide comme la fleur de cerisier.
En suivant un parcours où plusieurs siècles d’estampes vont se côtoyer, on pourra faire la rencontre de types moins connus : les shungas, ces images d’un érotisme flamboyant, les kamigata-e produites à Osaka avec leurs personnages aux traits fins et aux réalisations soignées ou encore les estampes shin hanga, ces créations de l’Entre-deux guerres qui montrent un Japon où tradition et modernité cohabitent dans un monde en mutation.



Un voyage au pays des images jusqu’au 12 février 2017 :

http://www.kmkg-mrah.be/fr/bienvenue-au-mus%C3%A9e-du-cinquantenaire

dimanche 11 décembre 2016

Expo Japon!, Musée Mandet, Riom (63)




Objets japonais...




Ce sont quelques soixante années d'innovations en matière d'objets que présente le Musée Mandet de Riom depuis cet été...





Suivant les innovations du courant Mingei dans les années 1920 où la mise en avant des savoir-faire traditionnels nippons était de mise, les artistes et designers des années 50 furent aussi influencés par les innovations occidentales avec l'occupation des troupes américaines.

Le célèbre tabouret Butterfly de Sori Yanagi ouvre l'exposition, en tant qu'icône de ce mélange entre Orient et Occident dans le jeune milieu du design. Des luminaires aux sièges et chaises, grandes nouveautés dans l'intérieur japonais, les tendances suivent les courants de l'art et du design : des lignes épurées des années 50 à la couleur outrancière des années Pop, l'ameublement nippon semble s'inspirer des humeurs et des modes du monde.




Toutefois, c'est véritablement dans les années 80 que le design s'impose dans les intérieurs avec l'avènement des nouvelles techniques accompagnant le boom économique du pays. Très rapidement, l'essouflement de la machine boursière et les catastrophes écologiques vont faire prendre conscience aux artistes et artisans japonais que les matières naturelles et renouvelables sont à mettre à l'honneur.




Aujourd'hui encore, c'est ce souci écologique qui accompagne une volonté poétique et ludique, à l'instar de l'installation d'Hideki Yoshimoto aux leds flexibles et fluides ou aux lampes Kihou qui font dialoguer technologie et évocation de la lave en fusion. L'esprit des kamis allié à une haute technicité semble être la ligne directrice des innovations japonaises tant pour le pays que pour les produits d'exportation.



Des objets entre poésie et technologie jusqu'au 31 décembre 2016 :
http://www.riom-communaute.fr/decouvrir/musees/musee-mandet/expositions-temporaires.html

jeudi 8 décembre 2016

Expo Mizuno Toshikata, Musée Ota, Tokyo


Beautés modernes...






Toshikata, élève de Yoshitoshi, fut un artiste qui sut continuer la tradition de l'ukiyo-e tout en s'insérant dans le Japon moderne qui entrait dans le XX° siècle.


En digne héritier du derneir grand maitre de l'estampe traditionnelle, Toshikata débute sa carrière avec des séries qui mettent en scène des guerriers farouches et robustes où la violence et le sang imposent leur présence. De même les portraits de beauté sont un autre domaine qu'il explorera avec succès. Tout le préparait à devenir le digne successeur du maitre en tant que Yoshitoshi II.







Toutefois, la nouvelle société qui se met en place au Japon va pousser l'artiste à épurer son style. Entrant à l'Académie des arts du Japon, il participera au mouvement intellectuel qui proposa une nouveau mouvement à la peinture nipponne, mêlant tradition orientale et innovations occidentales.


Sa carrière s'envolera grâce à des collaborations avec les premiers journaux ainsi qu'avec des magazines littéraires comme le Bungei Club. Créant les couvertures de romans populaires, Toshikata va inscrire l'image de beautés modernes d'un trait fin et épuré aux couleurs délicates.






Un artiste peu connu à voir jusqu'au 11 décembre :
http://www.ukiyoe-ota-muse.jp/exhibition-eng/mizuno-toshikata

samedi 3 décembre 2016

Expo Père Castor, Mij, Moulins (03)




Que d'histoires...


 
 
Dès les années 30, les éditions Flammarion permettent à Paul Faucher de créer un pôle jeunesse qui va faire date et casser les codes de la littérature pour enfants. Défenseur de la Nouvelle Education qui accorde un statut plus important à l'enfant et qui met l'accent sur l'accompagnement de l'éducation, notamment via la lecture,  Faucher met en place une collection qui révolutionne l'édition jeunesse.

 

 
A travers des textes écrits par des scientifiques comme Paul-Emile Victor mais à la portée des enfants et accompagnés d'illustrations qui jouent sur l'aspect documentaire et émotionnel, la collection du Père Castor permettra à des générations d'approcher les mondes lointains, la vie quotidienne ou encore la nature.

 

Faisant appel à des illustrateurs de talent, souvent des Russes qui ont quitté le pays après la Révolution ou encore certains qui ont été formés par les formalistes des années 20, la collection va créer des héros comme Michka l'ours ou Quipic le hérisson. Evoluant avec la société française, le Père Castor suivra les tendances iconographiques qui lui permettront de rester parmi les fleurons de l'édition jeunesse.



Une exposition au goût d'enfance jusqu'au 4 janvier 2017 :