dimanche 21 septembre 2014

Expo Miserere de Rouault, Eglise St Pierre, Firminy (42)

Images fortes...


Pour ces journées du Patrimoine, l'Eglise St Pierre présente une série importante dans l'oeuvre de G Rouault : Miserere. Dédiée à son maitre Moreau, elle fut réalisée entre 1917 et 1927. cependant, il faudra attendre 1948 pour que celle-ci soit éditée, suite à des retards et à la mort de Vollard, l'éditeur qui fit fleurir les séries gravées à travers des commandes à Picasso ou Chagall dans la france de l'entre-deux guerres.

Prenant pour point de départ le psaume 50, cette suite de 58 oeuvres décline les thèmes majeurs de son inspiration :
 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur
 ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.

Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un coeur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ;
alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Outre la figure de Marie ou du Christ, le clown, le pauvre ou des portraits satiriques  marquent les divers aspects du Miserere. Ces oeuvres en noir et blanc mettent en scène un univers douloureux qui est souvent émaillé par des squelettes tout droit issus de la tradition des danses macabres.


 Au-delà de la figure du Christ, c'est d'une figure humaine et de son destin que le cycle traite ; la souffrance du Prophète est la trace, le calque de ce que l'être humain doit subir et connaitre avant de trouver la joie de la rédemption; un véritable voile de Véronique tracé à l'eau-forte.


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