jeudi 23 avril 2015

Film La maison au toit rouge


Derrière les murs...


Dernier film de Yoji Yamada, cette Maison au toit rouge nous dévoile les secrets d'une famille de la classe moyenne telle qu'elle pouvait se présenter dans l'entre deux-guerres au Japon. Symbole d'une société qui se modernise mais qui n'oublie pas les traditions, la pimpante maison accueille Taki, jeune paysanne que l'on embauche comme bonne.


Tout pourrait aller dans le meilleur des mondes mais les secrets ne peuvent toujours rester cachés et la jeune servante sera témoin de s déboires sentimentaux de sa maitresse à laquelle le personnage s'est vite attaché. Récit rétrospectif de la servante alors octogénaire, on comprend vite qu'une trahison a été fomentée....Oui mais par qui ? Tout l'intérêt du film repose sur ce dévoilement, somme toute classique mais bien mené. 


La peinture du Japon des années Trente, de l'aveuglement (volontaire?) des gens face à l'impérialisme nippon est  très bien décrit : on a parfois l'impression de scènes sorties des romans de Nagai Kafu; quant à la musique, elle prend des airs de certaines mélodies des studios Ghibli dans des animés comme Le château ambulant, où les références à ces années d'avant-guerre étaient aussi sensibles. 
Un beau film à la facture classique qui fait revivre une frange de la société et de Tokyo complétement disparue...



samedi 18 avril 2015

Expo Semblance, Chapelle du Méjan, Arles (13)


Miroirs...


Entre vie et mort, mouvement et quasi extatisme, l'oeuvre d G Oberson plonge le visiteur dans un monde sensible et vaste. Des aquarelles aux dessins, des peintures aux installations (mention spéciale à celles qui utilisent du café moulu, provoquant des sensations olfactives pas si souvent mises en éveil), l'exposition présente quelques travaux récents.


Registre animalier avec des personnages hybrides ou trophées inversés en porcelaine, corps humains qui apparaissent et disparaissent, tant foetus qu'adultes, l'espace d'exploration d'Oberson est vaste : à la fois intime et universel, il interroge les codes de représentation et de rapport au monde sans arrogance ou violence gratuite. 


Son travail entre en écho avec les écrits de Nancy Huston : les deux artistes se sont rencontrés en 2009 et depuis, une réelle complicité semble les lier. Ils présentent ainsi un livre commun Terrestres où reproductions d'Oberson et textes de Huston se côtoient. De même, le dernier opus de l'écrivaine Bad girl possède une couverture illustrée par le peintre.


" Je n’ai jamais croisé une œuvre aussi sincère, sensuelle et violente. Je m’y reconnais. Elle me va droit au cœur." N Huston

Une exposition visible jusqu'au 26 avril : 
http://lemejan.com/programme.htm

vendredi 17 avril 2015

Géants de la Renaissance, Carrières de Lumières, Baux de Provence (13)


A la lumière de Rome et Florence...



Comme chaque année depuis cinq ans, les Carrières offrent un spectacle son et lumières nouveau : cette années ce sont les peintres de la Renaissance italienne qui sont à l'honneur. De Da Vinci à Michelangelo ou Raphael, voici les Grandes Heures de la peinture occidentale dans toute leur splendeur.

Toujours avec un sens de la mise en scène efficace, la démultiplication des figures de la Sixtine ou des toiles de Vinci plonge le spectateur dans un moment féerique où couleurs, formes et sons l'enveloppent et l'immergent totalement dans l'univers de ces toiles et fresques si célèbres.
Pas le temps d'aller en Italie ? Faites donc un tour du côté des Baux, vous pourrez au moins baigner dans ce climat contrasté que ces Géants de la Renaissance ont su si bien mettre à jour.

                                                                     (vidéo J Luce)

Promenade sur les pas des géants jusqu'au 3 janvier 2016 :
http://carrieres-lumieres.com/


mercredi 15 avril 2015

Poésie et illustration 11 : Lancelot d'Aragon


Amour courtois...
G Lemercier
Parue dans le recueil des yeux d'Elsa, cette pièce met en scène l'amour courtois qui devient un double hommage : à Elsa Triolet mais aussi à la France occupée alors. Reprenant la plupart des épisodes célèbres de la geste de Lancelot (notamment les péripéties dans Le chevalier de la charrette de chrétien de Troyes), le poème insiste sur la fidélité à la dame, à l'Idéal ainsi que sur la nécessité d'aller au-delà de soi...sur le terrain amoureux tout comme politique à l'époque d'écriture du texte.


On peut me harceler que suis-je qu’ai-je été
Je me souviens d’un ciel d’un seul et d’une reine
Et pauvre qu’elle soit je porterai sa traîne
Je n’ai pas d’autre azur que ma fidélité
Je suis ce chevalier qu’on dit de la charrette
Qui si l’amour le mène ignore ce qu’il craint
Et devant tous s’assit parmi les malandrins
Comme choisit mourir Jésus de Nazareth
Ma Dame veut savoir que rien ne m’humilie
Par elle demandé tout s’en métamorphose
Elle exige de moi de si terribles choses
Qu’il faut que mon cœur saigne et que mon genou plie
On me verra trembler mais non pas lui faillir
Toujours placer amour plus haut qu’honneur Certain
Que la nuit n’est pas longue à cause du matin
Et je saurai baisser le front pour obéir
Sortir nu dans la pluie et craindre le beau temps
Si je suis le plus fort le plus faible paraître
Me tenir à côté de l’étrier du traître
Et feindre la folie ainsi que fit Tristan.



dimanche 15 mars 2015

Expo jeu d'images, jeu de fleurs, Espace Lyon-Japon, Lyon (69)

Images des saisons...


Alors que les estampes ukiyoe perdent de leur importance dans le Japon du XIX° siècle, la popularité du jeu de Hanafuda ne cesse de croitre, maintenant cette mise en scène de l’amour des fleurs qui est une véritable tradition du pays.
C’est à travers certains motifs et plantes du jeu que sont présentées des estampes du XIX° siècle, témoins d’une civilisation où la geisha et l’acteur de kabuki triomphent, véritables fleurs des quartiers réservés et de la scène théâtrale.Alors que les estampes ukiyoe perdent de leur importance dans le Japon du XIX° siècle, la popularité du jeu de Hanafuda ne cesse de croitre, maintenant cette mise en scène de l’amour des fleurs qui est une véritable tradition du pays.
C’est à travers certains motifs et plantes du jeu que sont présentées des estampes du XIX° siècle, témoins d’une civilisation où la geisha et l’acteur de kabuki triomphent, véritables fleurs des quartiers réservés et de la scène théâtrale.


A travers cette mini-exposition, glycines, fleurs de cerisier, lespédèze ou encore le pin toujours vert sont à contempler dans des mises en scène ingénieuses, que la fleur serve d'arrière-plan ou se cache parmi les plis du kimono. 
Portrait d'acteur, de femme ou jeu littéraire, l'estampe qui utilise le motif floral repose sur un symbolisme fort qui perdure encore aujourd'hui. Le choix des végétaux du jeu de cartes permet de faire un choix parmi les exemples nombreux et foisonnants d'une nature toujours en lien avec l'humain.


Le jeu, les fleurs, une symbolique du monde flottant qui incarne à elle seule une bonne part de l'esprit ukiyoe qui se dessine à travers ces quelques exemples.....


Une exposition à l'Espace Lyon-Japon jusqu'au 11 avril :
http://www.espacelyonjapon.com/fr/news/exposition-estampes-images-fleurs.html

Si vous êtes curieux, un site pour jouer à l'hanafuda :
http://www.gamedesign.jp/flash/hanafuda/hanafuda_e.html 

mercredi 4 mars 2015

Expo Night of colours et l'affaire tournesols, Fondation Van gogh, Arles (13)

A la poursuite de Van Gogh...



La Fondation a demandé à Yan Pei-Ming ainsi que Bertrand Lavier de jeter un regard sur l'influence du Hollandais et la vision qu'ils pouvaient avoir de ce dernier. Cette commande débouche sur une double exposition qui font dialoguer l'art contemporain avec le fantôme de Van Gogh.


Pour "Night of colors", Pei Ming instille dans ses toiles d'habitude bichromatiques des références colorées aux toiles du maitre. Le titre joue aussi sur celui du tableau Nuit à Arles qui voit l'explosion des couleurs chaudes au milieu des teintes nocturnes. C'est ce qui arrive aux toiles de l'artiste avec l'intrusion de ces touches colorées dans des univers où le noir et blanc dominent. Le jeu sur les format est aussi un aspect important puisque l'on passe de toiles de quelques dizaines de centimètres à des formats beaucoup plus imposants qui interrogent ce jeu de contrastes.


Quant à Lavier et à son "Affaire tournesols" (oui, la référence à Tintin est voulue!), il s'agit d'interroger la touche Van Gogh, ce fameux jeu des empâtements qui est une des caractéristique de l'artiste.


Cet empâtement, Lavier en a lui-même fait une caractéristique propre à son travail et la décline sur divers supports, de la toile à la tôle en passant par un piano! C'est donc un travail sur le volume et le matériau que propose l'artiste avec un intérêt pour donner l'illusion d'une non peinture, comme si la palette, le pinceau devaient se faire oublier pour mieux exprimer et toucher le public.


Des hommages rendus jusqu'au 26 avril :
http://www.fondation-vincentvangogh-arles.org/

lundi 23 février 2015

Expo Beauties of modern ages, Musée Ota, Tokyo (Japon)

Histoire de beautés...


Etudier la beauté féminine, capter ses nuances fut une constante des artistes de l'estampe ukiyoe. Le musée Ota propose ce mois la présentation de plusieurs séries de Kunichika et Yoshitoshi qui décrivent ces aspects différents dans une typologie stable depuis le début du XIX° siècle.


Les 32 aspects de femme ou les 24 heures de la vie d'une geisha impriment des traits, des mouvements stéréotypés qui sont censés symboliser la quintessence de la beauté et de la féminité. Du modèle timide à la femme impudente, d'un mouvement chaste à une moue narquoise, l'étude des postures féminines permet aussi multiplier les compositions graphiques et les couleurs vivaces et expressives.


A cette étude de la beauté viennent se greffer des aspects plus comiques ou sensuels : le monde des kimonos n'est pas qu'un monde esthétique. Ainsi de la planche Sembler fatigué où une jeune femme entoure un chat blanc : la fatigue indiquée par le titre ne concerne pas l'être humain mais bien le félin qui se lasse d'être câliné!


Des beautés à découvrir jusqu'au 25 février :
http://www.ukiyoe-ota-muse.jp/H2702yoshitoshikunichika-E.html