vendredi 2 mai 2014

Expo Revoir Réattu, Musée Réattu, Arles (13)

(Re)découvrir...


Réattu, musée des Beaux-Arts d'Arles est un lieu à l'histoire assez riche. Ancien palais de l'Ordre de Malte, il deviendra la demeure et l'atelier d'un peintre arlésien en pleine période révolutionnaire. Le musée sera aussi un lieu important pour Christian Lacroix qui dira du musée qu'il lui a permis de rencontrer l'Art dans sa jeunesse.


Ce n'est pas la première fois que les collections permanentes sont réorganisées mais cette fois, une plus grande respiration est laissée aux pièces et œuvres et c'est tant mieux!
En un parcours chronologique, le musée raconte son histoire et ses temps forts :

 
Et l'un de ses jalons, c'est la présence de Réattu. Peintre néoclassique, Prix de Rome en 1790, il se laisse gagner par les idées révolutionnaires et travaillera pour les villes de Marseille et Perpignan dans le but de décorer les anciennes églises transformées en Temple à l'Etre Suprême. Les coloris sont riches, le dessin des corps maitrisé et la grammaire stylistique témoigne d'une force mise au service des idées nouvelles.
 
Un point important du travail de Réattu est celui du corps et bien souvent, le nu, même idéologique, vire à une ode à la sensualité, qu'elles soit féminine ou masculine.

 
Certains artistes contemporains ont questionné la collection à travers diverses œuvres et le résultat est plutôt réussi : de l'artisanat d'art à la photographie, le XXIème siècle pose un regard pertinent sur les œuvres antérieures.


On n'oublie pas non plus la très grande collection photographique (près de 5000 clichés) qui interroge notamment le monde à travers la thématique du corps : l'influence de Clergues n'est jamais bien lointaine!


A redécouvrir jusqu'au 18 mai :
http://www.museereattu.arles.fr/revoir-reattu-en-ce-moment.html

jeudi 1 mai 2014

Vivaldi revisité

De sons et de répétitions...

Je suis tombé à la radio, par hasard, sur un extrait des Quatre saisons de Vivaldi recomposées par Max Richter et là et bien, c'est plutôt une bonne surprise!




Mais d'abord, quid de Max Richter? J'avoue que je ne connaissais pas très bien : après recherches, il a travaillé aux musiques de films comme Shutter Island ou Valse avec Bachir (un bon point en ce qui concerne le deuxième film).
 
Ce compositeur anglo-germanique est un tenant de la musique post-minimaliste; ainsi, les jeux sur les répétitions et les dissonances font-ils parti de sa grammaire artistique. L'utilisation de mélodies existantes est aussi un trait de ce style musical qui, ma foi, a pu réinterroger un des morceaux baroques les plus connus.


Un moment intéressant qui redonne une fougue et une mélancolie qui caractérisaient les Quatre saisons lors de leur création au XVIIIème siècle : à écouter!





 
 

Jeu d'Asie et d'Ailleurs

L'Asie ici et ailleurs...


Cela fait quelques jours que le musée Guimet organise un concours assez amusant : on peut partager ses photos et deviner si celles qui sont présentées ont été prises en Asie ou ailleurs (euh, c'est le titre du concours!!).
 
Des surprises dans un sens comme dans l'autre : n'est pas asiatique ce qui le semble le plus. Une idée plutôt originale et qui peut faire découvrir des endroits méconnus.
 
D'Asie ou d'ailleurs - le jeu


pavillon du phenix rouge 300x199 France, Languedoc Roussillon, Gard, Cévennes, Anduze, La Bambouseraie, le vallon du dragon, jardin japonais, paysagiste: Erik Borja


A vous de découvrir où se trouvent cette pagode ou ce pavillon...







> la pagode dans l'Allier et le Pavillon dans le Gard! Comme quoi!!http://www.dasie-dailleurs.fr/



> A vous de jouer! :
http://www.dasie-dailleurs.fr/

mercredi 30 avril 2014

Expo Genji's world in Japanese woodblock prints, Morikami Museum, Floride (USA)

Un roman illustré...


Le dit du Genji ou Genji monogatari est une œuvre qui comporte 54 chapitres et qui narre les aventures amoureuses d'un fils d'Empereur. A travers ce personnage, l'auteur, Murasaki Shikibu, dépeint le monde de la cour qu'elle connait bien. Très vite, le roman connait un succès imposant et les diverses parties vont être retranscrites et illustrées par un nombre croissant d'artistes.
 
L'ouvrage, dès le XIIème siècle, devient un monument littéraire à tel point que chaque chapitre, chaque héros deviendra le support d'œuvres ou d'activités qui passeront de la cour d'Heian à la bourgeoisie d'Edo, comme les concours d'encens qui reprennent chaque titre de chapitre; car même après plusieurs siècles, le succès ne se dément pas. 
 

Le monde de l'estampe et du livre n'est pas en reste. Outre les versions illustrées et les peintures, le XIXème siècle connaitra un succès croissant du héros et de ses représentations. Si le succès est tel, il le doit en partie à une parodie célèbre Le Genji campagnard qui est écrite par Ryutai Tanehiko dans les années 1820. Le prince amoureux laisse place à un séducteur sans vergogne qui multiplie les conquêtes amoureuses, permettant une prolifération des passages érotiques. Les héroïnes engoncées dans leur kimono laissent place à des beautés à la nudité largement décrite par l'auteur.


De même, les épisodes où le surnaturel intervient vont se multiplier: le chapitre du Yugao avec le fantôme de Dame Rokujo donnera lieu à l'un des sommets de cette narration surnaturelle : l'esprit de l'amante défunte se transformant en démon fou de désir et torturant la jeune Yugao.


De tels épisodes connaitront une telle popularité que le kabuki s'emparera de certains moments afin d'en tirer quelques scènes ou danses qui attireront un public très nombreux jusqu'à la fin du XIXème siècle.

 
 
Pour comprendre les illustrations du roman et leur évolution, rendez-vous jusqu'au 18 mai 2014 :
http://www.morikami.org/exhibits/in-the-galleries/?link=IntheGalleries

mardi 29 avril 2014

Hyakunin Isshu 54

Gido-sanshi no haha



Vous faites serment
de ne jamais m'oublier
mais le tiendrez-vous
ah puisse ma vie plutôt
s'achever ce jourd'hui même...


Le lutteur de sumo Jirokichi est soigné par sa femme Otowa, une nuit avant un match important : le sportif a promis de perdre la rencontre afin de gagner une certaine somme d'argent, en vue de remettre 200 ryo à son maitre, nécessaires au rachat de celle qu'il aime. Otowa, ne voulant pas qu'il ternisse sa réputation, s'est vendue à une maison de passe afin d'obtenir la somme. Elle ne dit rien à son mari et cette préparation est en fait les derniers moments que le couple pourra passer ensemble.
 
Cette situation fait écho au serment de ne jamais oublier l'autre : le personnage d'Otowa peut aussi espérer que cette nuit soit la dernière, à la manière de la voix du poème. La nuit qui prend fin, c'est le réveil douloureux à la réalité et à un certain poids de la nécessité sur l'être de sentiments et de désirs.

 
La beauté de Kunisada tient entre ses mains un shô, orgue à bouche traditionnel dans la musique de cour de l'ère Heian. Cet instrument qui permet de grandes variations de son peut symboliser la variation des sentiments évoquée dans le poème. Se détournant de l'objet, la jeune femme peut signifier la négation de cette variation comme l'y invite la voix poétique.
 



lundi 28 avril 2014

Expo Jardins intérieurs, Mandin, Musée Chabaud, Graveson (13)

Onirisme et expression...

 
Artiste marseillais, Richard Mandin va traverser le XXème siècle et se faire l'écho de nombreux courants artistiques. Amoureux de la couleur, il ose une palette vibrante et les liens avec le Fauvisme et l'Expressionnisme sont tout à fait apparents. Ainsi ses nombreux oiseaux qu'il peint à des fins esthétiques et poétiques, l'oiseau revêtant le rôle du messager entre monde visible et imaginaire : 

 
Car c'est bien le rêve et un certain monde intérieur qui intéresse l'artiste. A ce titre, certaines de ses toiles peuvent faire penser à Redon pour le côté onirique et parfois mystérieux des figures mises en scène à l'intérieur du cadre du tableau. 

 
Dans une recherche perpétuelle, Mandin module son style. Peintre et aussi pianiste, il est réceptif aux vibrations nouvelles comme peut l'être un musiciens aux sons nouveaux. Toujours en quête de sens, il utilise les thématiques religieuses et s'empare des scènes traditionnelles afin de leur donner de nouvelles textures.  
 
 

Un peintre à découvrir jusqu'au 9 juin 2014 :
 http://www.museechabaud.com/expositions-musee-auguste-chabaud.php

mercredi 23 avril 2014

Le Crépuscule des dieux 3 : les Filles du Rhin


Ondines et désir


Prologue à la Tragédie qui va se jouer, la scène des Filles du Rhin présente les trois soeurs, Woglinde, Wellgunde et Flosshilde en train de s'amuser à la lumière de l'Or. Gardiennes du précieux trésor, elles incarnent la sensualité libre, à la fois innocente et provocante. Tour à tour, fillettes aux jeux inconséquents ou femmes à la beauté provocante, elles insufflent une énergie qui met en branle le drame :

Or du Rhin
Joie lumineuse
que tu ris, claire et sublime!
Eclat incandescent
émane saintement de toi dans les eaux!



Ce désir qu'elles personnifient, le nain Alberich va l'éprouver dès son entrée dans le jeu du destin. Se moquant de sa maladresse et de sa difformité, les Filles du Rhin mettront tous leurs charmes en avant afin de déstabiliser l'être désirant.


Comprenant la perfidie des esprits aquatiques, Alberich se tournera ainsi vers l'Or, faisant de la matière qui était synonyme de lumière et de liberté un matériau de malheur et de pesanteur. Pour s'en emparer, le futur possesseur doit renoncer à l'amour. Qu'à cela ne tienne, de dépit et de rage, le nain maudit le désir et se rend maitre de l'Or qui deviendra l'Anneau maudit.

                                                                                       (oeuvres de G Lemercier)

 Comprenant trop tard leur erreur, les filles du Rhin métamorphoseront leur chants joyeux en une plainte aux dieux qui ne cessera de raisonner jusqu'au Crépuscule final, moment où enfin l'Or leur sera rendu.