mercredi 14 janvier 2015

Expo dessins du studio Ghibli, Art ludique, Paris


Esquisses et mouvements...


Alors que Miyazaki et Takahata ont pris leur retraite, le musée Art ludique propose de traverser les productions historiques du studio à travers les layouts très nombreux qui sont présentés dans cet espace. On part ainsi dans les coulisses de l'animation : entre les idées matricielles et le film terminé.


Chaque anime est présenté à travers des esquisses (layouts) qui évoquent les temps forts ou les personnages importants de chaque production. Des dessins à peine esquissés à une production extrêmement détaillée, ces divers layouts proposent d'aborder la diversité du trait qui va donner naissance aux images animées qui connaissent tant de succès.


Une autre façon de revoir et retrouver ces histoires touchantes qui se dessinent sur des planches fixes où l'action est suspendue mais pourtant bien vivante. Une façon aussi de voir des récurrences et évolutions stylistiques tant au niveau du dessin que de la composition.


 http://www.artludique.com/ghibli.html


samedi 10 janvier 2015

Expo Beautés du ciel, Musée Maurice Denis, St Germain en Laye (78)


Le dessin des anges...


Dès la fin du XIX° siècle, le Nabi aux belles icônes va être sollicité par différents prêtres afin de réaliser le décor de chapelle ou d'église au Vésinet, commune proche de St Germain où Denis a ses attaches et son atelier.


Le jeune artiste va multiplier les dessins et croquis afin de préparer ses grands formats : à force de travail, c'est son attirance pour fra Angelico ou Raphael qui va se faire ressentir mais à travers une grammaire et une iconographie réinventées. Fresque, toile marouflée et autres techniques vont être mises en oeuvre afin de créer un espace qui traduit la religiosité du peintre et sa foi en la peinture. Ces travaux vont initier une vie de l'échafaudage qui sera celle de Denis jusqu'à sa mort en 1943.


L'exposition présente aussi une série d'études pour des vitraux qui seront réalisés par Carot qui va imprimer son savoir-faire autour des figures de Denis : un très beau dialogue d'artistes qui permettra de magnifier la couleur et la lumière.


jeudi 8 janvier 2015

Black Charlie


Rien à ajouter...



Un rapide billet....sans trop de mots car là, trop de mots tuent l'émotion! Juste quelques liens parmi d'autres de dessinateurs qui prouvent leur attachement à la liberté de la presse. Une preuve de l'esprit contre l'obscurantisme : 
http://gwen-crea.blogspot.fr/2015/01/charlie-hebdo.html

http://beatricetillier.blogspot.fr/2015/01/dies-irae.html

Rien à ajouter : la glose n'est qu'un vile flatteur de la bêtise...

jeudi 1 janvier 2015

Poésie et illustration 9 : La Loreley d'Apollinaire

Légende germanique...


 illustration Gwendal lemercier

S'inspirant d'une légende médiévale et surtout du poème de Heine, Apollinaire met en scène une jeune femme au charme irrésistible qui devient la victime-même de ses attraits. Tout d'abord par son aura qui enchante tout homme, qu'elle le désire ou non, comme pour le personnage de l'évêque, mais encore par cette beauté qui la tuera : Loreley devient un Narcisse féminin que son propre reflet fera noyer. Ce personnage protéiforme se traduit à travers les jeux sonores sur le nom de la jeune femme qui distord la diphtongue ei selon ses multiples prononciations.

Jeu d'amour, jeu de mort, l'illustration, quant à elle, transpose le moment de bascule où à travers le saut et la noyade, la Loreley retrouvera l'idéal qu'elle recherche...
 À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon cœur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

lundi 29 décembre 2014

Expo Le geste suspendu, Cabinet d'arts graphiques, Genève (Suisse)


Arrêt sur images...


Fort d'une très belle collection d'estampes de l'ère Edo, le Cabinet d'arts graphiques n'avait pas montré de pièces de cette collection depuis plusieurs décennies. C'est chose réparée à travers cette exposition qui centre son propos autour de la représentation de l'acteur kabuki (autant vous dire que je m'y suis précipité!!).

Construite auteur des figures scéniques, la thématique de l'acteur est reprise à travers de grandes estampes publicitaires assez rares qui faisaient la promotion des spectacles en dehors du lieu de spectacle. 

Viennent ensuite divers supports comme les estampes pour éventails (uchiwae) ou pour raquettes du jeu du Nouvel An. Car à support éphémère, la figure de l'acteur répond par son caractère visuel et tendance selon les saisons atmosphériques et scéniques. Sont aussi évoquées les écoles d'Osaka  avec leurs traits caractéristiques qui furent des concurrentes des écoles d'Edo même si celles de la capitale étaient plus prolifiques et répandues.



La pièce centrale permet de montrer une grande partie d'une série de Kunisada II qui évoque les héros des Guerriers de Satomi, pièces inspirées d'un roman de Bakin, auteur du XIX° siècle, qui fut un maitre du récit moderne avec ses épisodes à tiroirs et son utilisation des ressorts folkloriques : tout commence par l'union d'une princesse avec un esprit chien....la suite consiste en de rocambolesques aventures de héros vertueux qui seront dépeintes en 100 volumes!

 

On restera suspendus à ces gestes imagés jusqu'au 11 janvier :



samedi 27 décembre 2014

Expo Les Clergue d'Arles, Musée Réattu, Arles (13)


Photosensible...


Arlésien, fondateur du festival de la photographie et figure majeure de cet art, Clergue est  célébré au musée Réattu. Ce qui correspondait avec son quatre-vingtième anniversaire va se clôturer avec un événement plus triste : la mort du photographe en novembre.

Jusqu'au 5 janvier, deux expositions insistent sur les influences et relations qu'il entretenait. A travers une banque de photos assez impressionnante, se dessinent des réseaux de correspondance avec Weston, Izis ou Mapplethorpe. En écho, des clichés des différentes périodes de Clergue qui tournent autour de la ville, de la guerre, des gitans ou bien encore les fameux nus qui resteront probablement les images-phares de l'oeuvre.


Une deuxième exposition insiste sur la relation qu'il entretint avec Picasso depuis les années 50 : on connait l'anecdote qui veut que le jeune homme propose un cliché du peintre au sortir des arènes et Picasso d'aller d'un commentaire encourageant. Ce lien qui est en train de se créer ne va cesser de se solidifier au fil des années. La tauromachie sera un élément essentiel de cette relation et donnera lieu à divers dessins et oeuvres présentés au musée, issus de la collection particulière de Clergue.
Ce dernier multipliera les clichés qui mettent en scène Picasso, élaborant ainsi un véritable dialogue pictural qui ne finira qu'à la mort du peintre.


Mention spéciale pour des oeuvres de 2005 qui mêlent photos de nus et peintures de l'artiste néo-classique Réattu : une bien belle manière d'insister sur l'érotisme de ce peintre ainsi que de poétiser et fantasmer la chair réelle des clichés!

jeudi 25 décembre 2014

Poésie et illustration 8 : Ainsi comme unicorne suis de Thibaut de Champagne


De corne et de désir...




Je suis comme la licorne
Qui se trouble en regardant
Et en contemplant une pucelle
La bête a tant de joie de sa douleur
Qu’elle tombe pâmée sur son sein.
Alors on la tue par traîtrise...

Et moi en vérité j’ai été tué de
La même manière par Amour et par ma Dame.
Ils ont pris mon cœur, je ne peux le reprendre.
Dame, lorsque je fus devant vous,
Et que je vous vis pour la première fois,
Mon cœur se mit à battre
A un point tel qu’il vous resta quand je partis.

Alors il fut conduit, captif,
En la douce prison
Dont les piliers sont de désir,
Les portes de beau regard,
Et les anneaux de bon espoir.

De cette prison, c’est l’Amour qui a la clef,
Et il a placé là trois geôliers :
Beau-Semblant est le nom du premier,
Et c’est Beauté qui en fait des maîtres.
Devant la porte il a mis Domination,
Créature repoussante et félonne,
Vile et puante, méchante et scélérate.

Ces trois geôliers-là sont rapides et hardis
Et ont vite fait de s’emparer d’un homme.
Qui pourrait supporter la tristesse
Et les assauts de ces portiers ?
Jamais Roland ni Olivier
Ne vainquirent en un combat aussi dur.
Ils vainquirent en combattant,
Mais ceux-là, on les vainc en les humiliant.
Endurance en est le gonfalonier et,
Dans le combat dont je vous parle,
Il n'est d'autre secours que merci.


Une pièce de la lyrique amoureuse médiévale qui reprend l'animal mythique de la licorne. Selon des légendes, l'animal invincible ne peut qu'être attrapé par une jeune fille vierge et malheur aux menteuses! Bien sûr lorsqu'on parle de ce motif, la tapisserie des 5 sens vient tout de suite à l'esprit et c'est à partir de celle de la Vue que G Lemercier a travaillé afin de réaliser son illustration.